du 17 au 23 janvier

Mercredi 17 janvier : Tiznit : Départ du camping "concentrationnaire" dans lequel des gens viennent se plaindre au gérant que des voisins de camp se crèvent les pneus avec un poinçon... Vive les vacances ! Départ sans regret et sans perspective de retour ! Direction Agadir, le but étant de s'arrêter à Sidi Ouassaï, aux portes du Parc National de Souss-Massa : réserve ornithologique (l'Ibis chauve à bec rouge y a une colonie importante, peut-être la dernière de la planète) mais aussi de faune sauvage avec des antilopes et des gazelles (que nous ne verrons pas). Le camping de Sidi Ouassaï offre un restaurant. Nous y déjeunons d'une salade marocaine et d'un poisson grillé, frais pêché du matin. Un régal. Nous n'avons pas pu connaître quel poisson, mais sa chair était ferme et son goût très fin. On décide de ne pas rester dans ce camping, trop orienté "pêche" et de poursuivre vers Tifnit, autre petit port de pêche dont les habitants habitaient autrefois des grottes d'où ils pêchaient grâce à de très longues cannes. Très joli et très sauvage, quelques surfeurs l'animent, il y a un restaurant et un café, mais le bivouac de camping cars est interdit. Dommage. Nous avons juste le temps de contourner Agadir ce soir et d'atteindre Taghazout où nous n'avions pu nous arrêter il y a dix jours, pour cause de travaux qui coupent la route dans le village. Au coucher du soleil, nous nous arrêtons à un emplacement qui nous semble correct, mais avec le doute qu'on nous en déloge si c'est interdit. Comme nous devons acheter du pain, nous en profitons pour visiter : c'est vraiment génial, un village entièrement dédié au surf, des échoppes un peu partout dans des ruelles mal pavées qui descendent vers la plage, de très jolies maisons, des restaurants dont les terrasses surplombent la plage, envahie de rochers (et aussi de coulures nauséabondes...).
Un endroit auquel devait ressembler Saint Tropez avant guerre, avant que Vadim et ses copains n'en fassent ce qu'il est devenu. Retour vers Olaf, garé juste au dessus de la Gendarmerie Royale. Comme c'est conseillé dans le guide du Camping, on va se présenter et demander si on peut rester là pour la nuit. Réponse : pas de problème !
Au camping international de Tiznit, Ferien macht frei...


Sortie du collège avant Sidi Ouassaï











A Tifnit




La plage et le restaurant de Tifnit







Taghazout au coucher du soleil



Jeudi 18 janvierRéveil sous la brume de mer. Un petit tour sur la plage avant le départ. La plage immense bordée par les chantiers de construction du gigantesque complexe immobilier voisin du joli petit village de Taghazout. Comme un petit air de « ça ne sera plus jamais comme avant ». 
En route pour la « Vallée du Paradis » ainsi nommée suite à la guérison inexpliquée d’un couple d’allemands condamnés par la médecine, événement bien récupéré par l’office du tourisme local… En réalité, l’histoire de cette dizaine de vallées encaissées est bien plus intéressante. Comme le petit village gaulois, la peuplade des Ita Outanane a résisté au pouvoir central marocain jusqu’au début du XXè s. Un pays difficile d’accès, peuplé de montagnards, des montagnes « château d’eau » à plus de 2500m, une bonne terre en fond de vallées, du bois dur de Thuya, une bonne équation pour se sentir fort chez soi… Avec çà, des gorges où le laurier rose et le palmier poussent bien, des pentes où l’olivier se plaît, un peu d’arganier et dessous, de petites parcelles bien soignées et pleines de céréales, blé et orge et du miel de première qualité. 
La route est sublime, parfois mal pavée suite aux chutes de pierres ou aux crues de l’oued. Nous croisons de nombreux minibus de touristes venus d’Agadir probablement, ainsi que beaucoup de grands taxis qui font le gros du trafic dans toutes les campagnes du Maghreb. Au centre du massif, un gros bourg, Imouzzer, où nous sommes arrivés en plein Souk hebdomadaire : on n’allait pas rater çà ! Retour vers la vallée : nous voulions prendre une route indiquée sur la carte, mais les noms de villages sur la carte et ceux indiqués sur les bornes et les panneaux routiers ne correspondaient pas ! De plus, le GPS ne connaissait pas cette route, en cours de finition. Nous avons laissé madame gps nous donner l’ordre de faire demi-tour jusqu’à ce qu’elle trouve enfin la jonction ! Et sur cette route, aucun minibus, aucun touriste, à peine deux voitures locales. Mais quelle route ! Tout le massif se prête à faire des treks, pour montagnards aguerris, les dénivelés sont plutôt du genre agressifs ! 
Nous sortons du massif par une série de gorges dont une au moins ressemble à s’y méprendre au cirque de Navacelle ! De profondes gorges entaillent des plateaux cultivés et la route serpente de plus de 1300m jusqu’à une centaine de mètres d’altitude. Nous rejoignons la N1 à Tamri, la ville des bananes. Nous prenons plein nord, sous le soleil couchant. Aucune perspective de camping proche… Nous cherchons un village suffisamment grand pour pouvoir se poser discrètement. Ce sera Imsouane, sur le parking de la mairie et de la mosquée. On entend très bien le Muezzin ! Demain, vendredi, réveil à 5 heures garanti ! C’est de là que nous rédigeons ce bulletin. A part quelques enfants venus dire « bonjour », pour l’instant tout va bien. A demain !?
Au loin les grues du complexe touristique de Taghazout...

En se retournant, l'ancien village...


Au premier col qui défend l'accès au pays des Ida Outanane

La route au fond de l'oued sur une dizaine de km avant la montée







Les ruchers parmi les amandiers vers 1200m d'altitude

Imouzzer et son Souk Khmis (souk du nord)




Avant la descente

Depuis la route ignorée du gps...





Ambiance...
Vendredi 19 janvier : Réveil à 6h10, merci le muezzin… On est parti vers 8h sur la pointe des pneus prendre notre petit déjeuner ailleurs, sur les hauteurs de Imsouane plage. Plein soleil, on a bien traîné… On a dû repartir sur les coups de 10h30. Direction : l’arrière pays de Essaouira. Sur la N1 vers le nord, on croise des convois de camping cars qui descendent, certains (allemands et suisses) sont organisés avec une voiture ouvreuse, la CB et tout et tout… On se met sur le côté, on laisse passer ! 
Route sur la droite (Est) vers les collines ; aucun nom ne correspond à notre carte, on se dirige partie à la boussole, partie avec les indications du GPS, celles de la carte et on fait un mix de tout çà. De toutes façons, on ne regrette pas : on est entré dans la vallée du bonheur ! Des champs cultivés et soignés, pleins de blé vert, des amandiers en fleurs, des murs en pierre sèche impeccables… Des dénivelés impressionnants de plus de 400m pour descendre en ligne droite en fond de vallée, puis remonter pareil ! Un passage à gué. Nous déjeunons à un petit col un peu sauvage. Au sommet d’un plateau, vers 1400m une forteresse à l’apparence imprenable, quelques champs de cailloux cultivés, puis une ville dont la médina ruinée est abandonnée. Les sols changent de couleurs : du brun rougeâtre nous sommes passés au blanc de la craie. Les troncs des arganiers sont moins massifs me semble t’il dans ce sol plus acide.

On rejoint la route qui va de Marrakech à Essaouira au bout d’une plaine devenue plus monotone mais où les exploitations agricoles deviennent plus grandes. Et se transforment : les champs où le blé pousse peu ou mal sont remplacés par des plantations de jeunes oliviers. Concurrence de l’Espagne en perspective ? En tout cas, les atouts agricoles spécifiques du Maroc me semblent évidents. Nous arrivons à Ounagha (se prononce Ounara) au camping des Oliviers, très bon accueil. Un emplacement idéal pour Olaf, juste à temps : derrière nous 4 ou 5 CC arrivent. On commande le dîner du soir : tajine mouton et veau et légumes de saison suivi de yaourts beldi (sucré au miel). Servi à 18h, mais comme çà on aura plus de temps pour digérer ! Bonne soirée à tous et à demain !
Le camping cariste au petit déjeuner...

Le printemps arrive, bientôt chez vous aussi !

la vallée verte


Les paysans ici ont les mêmes animaux que chez nous, mais en plus, ils ont le dromadaire !



Ça descend tout droit de plus de 400m et ça remonte en face pareil, d'une autre couleur...

...après le passage d'un gué encore envahi par l'eau des dernières pluies



Les murailles d'une ville dont la médina est abandonnée

Le dîner du soir...

...tatata ... TAJINE !
Samedi 20 janvier : Réveil sous le soleil ; on plie lentement le campement avant de prendre la route de Essaouira, à une trentaine de km. Le temps est clair et offre une vue bien dégagée sur la ville et le port depuis la route qui domine la ville, contrairement à notre premier passage où le temps était brumeux. Arrêt au Carrefour Market de l'entrée de ville. Puis stationnement au parking réservé Camping Cars que nous connaissons déjà. Les tarifs semblent avoir augmenté : 60dh aujourd'hui (avec reçu) alors que nous avions payé seulement 10dh le 8 janvier ! Mais nous n'avions passé que la nuit, alors que aujourd'hui nous arrivons avant midi et que nous allons rester 24h ou plus... Le 8, notre voisine avait payé 30dh alors qu'ils étaient arrivés après nous et partis avant... Bref. 
Après déjeuner, promenade pieds nus sur le sable de la longue plage jusqu'à la ville. Nous passons par le port où l'activité est intense : bateaux sardiniers et thoniers en réfection quasi totale sur le quai, dragage du port avec de gros engins et un homme-grenouille relié par un tuyau, comme un scaphandrier. Des pêcheurs vendent leurs beaux poissons, crustacés et coquillages sur le quai. Plein de touristes, beaucoup de chinois, pas mal d'américains et des français bien sûr. Nous parcourons la ville et découvrons de nouvelles rues, de nouveaux quartiers et de nouvelles boutiques, dont l'Atelier qui présente de beaux objets de designers, des vêtements, des bijoux et des sacs de qualité qui n'ont rien à voir avec ce que l'on trouve dans les souks ! Les prix non plus n'ont rien à voir : on est dans un facteur dix... Nous retenons aussi quelques restaurants pour l'originalité et d'autres pour la carte et le cadre plus traditionnel. En fin d'après midi, retour à pied vers le parking sur la belle promenade de front de mer, ce qui nous donne loisir d'assister au coucher de soleil sur l'île de Mogador. Dîner de crêpes au miel accompagné de thé : c'était censé être notre goûter, mais c'était trop bon, on n'a pas pu s'arrêter avant d'avoir tout mangé !
La plage d'Essaouira le matin, l'île de Mogador et les dromadaires pour la balade
Le port et ses nombreux bateaux, chantiers divers


la porte monumentale d'entrée du port, héritage des portugais



Gare au guano !!!

LA carte postale de Essaouira



Un des nombreux bars de plage sur la promenade 

Coucher de soleil sur Mogador

Nous ne savions pas ce que signifiait "I Love ESU". Maintenant oui...
Dimanche 21 janvier : Après le petit déjeuner, départ de Essaouira vers Had-Dra, bourgade au Nord-Est, sur la route de Safi. Nos guides y annoncent le souk hebdomadaire du dimanche comme particulièrement intéressant. Nous ne sommes pas déçus. Pour ceux qui connaissent, imaginez la foire de Beaucroissant où on achèterait en plus des bovins, des ovins et des caprins, plus un souk aux bouchers, plus un souk aux barbiers, plus tous les accessoires et matériels neufs et d’occasion (surtout d’occasion !) nécessaires aux activités agricoles et d’élevage ! Toutes les photos sont de Françoise et aucun commentaire ne vaut ses images. Pour la petite histoire, il a fallu un peu quémander le droit à photo, certains refusant même qu’on photographie l’animal qu’ils tenaient à la longe.
Pour repartir de Had-Draa, nous avons dû emprunter avec Olaf la rue principale du marché... Quand on dit que ça passe fin, c'est même très fin. Mais c'est rare que ça frotte. On l'a vu, et c'est une franco-marocaine dans se Dacia qui en a fait les frais. Olaf s'en est tiré comme un pro !

































































Lundi 22 janvier : Journée de repos (et lessive) au camping. Comme le tour de France… Longue promenade sur la plage, au soleil, les pieds dans l’eau. La plage de Sidi Kaouki mesure 4km : nous avons mesuré grâce au cadeau de Noël de Claire ! 
À propos de Claire, nous allons la chercher demain à l’aéroport de Essaouira-Mogador. Nous allons tous ensemble voyager quelques jours et profiter du soleil marocain avec elle à l’occasion de ses trente ans ! C’est une raison pour laquelle nous allons probablement interrompre les émissions de La Route d’Olaf qui reprendront la semaine prochaine.
Pas de photos spécifiques pour aujourd’hui, mais un mélimélo de portes glanées ci ou là.

À très bientôt.












Commentaires

  1. Oranges, tajine (j'en ai fait un pour Noël !), le ciel bleu, les amandiers, tous ces paysages...plein les yeux et les papilles ! Bonne route !

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  2. Photos du marché d'ESU magnifiques, bravo Françoise, A+

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