du 1er au 4 février

jeudi 1 février : Départ sous la pluie, la soirée d’hier étant déjà bien arrosée. Très belle route qui longe des dépressions immenses, anciennes lagunes maintenant à sec. Nous longeons un champ d’éoliennes, le plus grand que nous ayons jamais vu. Contrôle où on nous demande les fiches de Police : cela deviendra une habitude à chaque entrée de ville dans ce secteur. On sent à la longue que l’on est « tracé », voire attendus et que le téléphone sert à confirmer notre arrivée...! Il est vrai que nous sommes le seul camping car. 
Arrivée à Laâyoune vers midi sous les averses et des ciels sublimes. Grande ville où les investissements, tant privés que publics se voient. Travaux partout, mais l’ensemble respire la solidité. Laâyoune est une base pour des troupes de l’ONU et nous croisons plusieurs véhicules blancs badgés « UN » . Petite incursion vers la côte et la station balnéaire de Foum El Oued. Jolie, mais un peu décrépie, et l’ambiance hors-saison que l’on retrouve partout. Pas de lieu propice à un bivouac, nous décidons d’aller voir le port à quelques km de là. Un vieux cargo échoué attire les piqueniques locaux. Arrivée au port de El Marsa, à la fois port de pêche industrielle avec de nombreuses usines, dont une grosse entreprise (Framer ?) dont les employés sont bien équipés et bien habillés. Et aussi terminal pétrolier et terminal de chargement du phosphate qui arrive par bande transporteuse directement au bateau depuis la mine. L’équipement fait plus de 200km de long et nous le verrons plus tard sur la route. 
Nous déjeunons sur une lande située entre les ports de pêche et ports industriels. L’eau a des couleurs bizarres qui s’expliquent lorsque nous découvrons un égout qui déverse directement à l’eau ses liquides et ses boues. Le manège d’une équipe de gens nous intrigue : ils cherchent manifestement à trouver le cheminement d’une conduite et utilisent pour cela des baguettes de sourcier ! Une recherche sur internet par Françoise nous apprend que cette pratique est très fréquente au Maroc. Logique. 
Après déjeuner, nous décidons d’aller jusqu’à Smara (ou Es Semara) qui n’est qu’à 200km ( ! ). Belle route, mais contrairement à la N1 de ce matin, sur la N5 et sur la N14, presque aucune voiture ni camion, et pas un seul camping car ! Les paysages changent, accompagnés par les nuages qui en modifient les couleurs et nous offrent plusieurs arc en ciels. Nous entrons dans des zones de plus en plus arides et désertiques et voyons bientôt apparaître les premiers acacias du désert. Dans un virage, une installation industrielle et la fameuse bande transporteuse qui suit une ligne électrique à moyenne tension : il s’agit d’un relais. Arrivé à Smara, contrôle et fiche de Police, nous demandons conseil pour bivouaquer en ville. Nous serons bien accueillis et dirigés vers un petit parking situé face au poste de police du centre ville, à proximité du palais provincial. Nous sommes bien gardés, Smara est une grosse garnison militaire et nous sentons bien que cette ville reçoit des subventions importantes pour asseoir le pouvoir marocain. Dans les rues, un mariage Sahroui en préparation et nous échangeons en espagnol avec un parent du marié. Autre chose que j’attendais aussi et qui s’est produit avec un jeune policier qui ne parlait pas français mais anglais ! (Françoise ajoute : un beau mec ! et je confirme).

Visite de la ville, très agréable et surtout où le touriste que nous sommes ne se sent pas « attendu » ! Nous achetons des crêpes : c’est la chandeleur ! 

Sur la N1 au sud de Tarfaya



Laâyoune




L'essence est détaxée pour assurer le dynamisme de l'économie locale : 8.02dh, cela fait 0,73€ le litre de gazole

entre Laâyoune et El Marsa, belle route...

... où le risque d'ensablement n'est pas nul. Malheureusement, deux heures plus tard, le chargeur sera immobilisé sur le terre-plein central, un pneu crevé !

Le petit village de Foum El Oued dont dépend la plage 



La station balnéaire de Foum El Oued




Vers le port de El Marsa


Les grenoblois connaissent ce bloc brise-lames, conçu dans un laboratoire  isérois.

Les petits taxis


La bande transporteuse du phosphate en plein désert


Transport de dromadaire... mais comment ont-ils fait pour le faire entrer ? Avec les pattes attachées et repliées sous lui, il a fallu le porter !?



Contrôle dans un petit hameau : le gendarme ne nous a pas demandé les fiches et a rempli son cahier, avec lenteur...





la montagne a des yeux...


l'entrée de Smara, un des nombreux véhicules militaires visibles : un Hummer.

On prépare la fête : mariage Saharoui




La rue principale de Smara. Température environ 18°C et pas de vent.
Vendredi 2 février : Départ de Es Semara (Smara) sous le soleil et premier contrôle du matin par le même gendarme qui, à l’entrée hier soir nous avait indiqué où dormir ! La route est longue aujourd’hui car nous avons décidé de rejoindre Guelmim pour voir le souk des dromadaires samedi matin. Longue, rectiligne, désertique, aride, on peut trouver plein de qualificatifs sauf celui de monotone, car elle ne l’est pas ! Beaucoup de petits événements et de détails à observer (et de contrôles de gendarmerie…) la rendent intéressante. Et tant mieux, car 360km seront parcourus aujourd’hui avec une escale-déjeuner à TanTan. Parmi les curiosités vues : 
- des troupeaux de dromadaires avec de nombreux petits ;
- des stations services détaxées sur la N14 entre Smara et TanTan, nombreuses au vu du trafic…
- des antennes relais de téléphonie mobile alimentées par panneaux solaires ;
- pas de lignes électriques !
- le vent de sable qui se lève en début d’après-midi avec des bourrasques violentes et qui crée une brume jaune orangé ;
- des camions sur la N1 qui relie Guelmim à TanTan avec des chargements dont le volume dépasse largement l’imaginable ;
- Victor qui a voulu parler à Papy et Mamie, donc session Whatt’sApp…
En arrivant à Guelmim, nous voyons les camions de fourrage qui préparent le souk de demain consacré aux dromadaires. Nous retrouvons facilement notre point de bivouac devant le supermarché Marjane, qui n’est qu’à quelques minutes du souk. 

Anecdote : en faisant nos courses, rencontre de la bande de jeunes chômeurs français qui voyage à bord de l’ancienne ambulance des pompiers, déjà photographiée lors de notre trajet entre Tarfaya et Laâyoune. 
départ de Smara, ville de garnison

Toutes les routes, même secondaires sont en travaux d'amélioration

les acacias du désert

enfin un troupeau de dromadaires !

L'Office National des Forêts et de lutte contre la Désertification a creusé des dizaines de milliers de trous sur des kilomètres pour planter. Planter quoi ? On ne sait pas.

Là, zéro végétation...

Les stations services vivent et meurent le long des routes...



L'entrée de ville de Abteh, village-fantôme... Mais avec contrôle de Gendarmerie Royale !




Le vent de sable, difficile à bien photographier

Compte tenu du vent, j'ai ralenti en le croisant...

Arrivée sur Guelmim

En préparation du souk aux dromadaires du samedi à Guelmim






Samedi 3 février - Souk de Guelmim : La journée commence sous le soleil, un peu voilé comme par une poussière de sable, qui se poursuivra d’ailleurs toute la journée. Le souk de Guelmim est le plus important de toutes les provinces sahariennes et attire du monde jusqu’aux contrées sahéliennes, Mauritanie, Mali et même au delà si l’on croit Ahmed Ahayk rencontré cette après-midi à Assa. Les photos parlent mieux que moi du sujet. 

































Samedi 3 février - Assa : Après le souk, route N12 direction Amtoudi. Petit arrêt dans un joli petit Oasis à côté de celui - beaucoup plus grand - de Aït Boukha, doté de 3 campings, de nombreuses maisons d’hôtes, de plusieurs écoles et même d’un lycée professionnel… Nous préférons le calme et la simplicité du petit oasis sans nom qui longe la N12. Nous poursuivons celle-ci, plein Est vers Tata. Que nous croyons !!! En effet, nos cartes ne sont pas à jour et le tracé de la N12 sur le papier nous incite à penser que nous sommes sur la bonne route, d’autant plus que le GPS nous confirme que nous sommes sur la N12. Qui va vers l’Est, parfois le Sud-Est… Mais les bornes routières nous indiquent avec insistance que nous nous dirigeons vers Assa et même, plus proche de la frontière mauritanienne vers la ville de El Mahbas… Le passage du col d’Amezloug (1091m) achève nos doutes… Nous sommes bien sur la route d’ASSA, plein sud ! Nous profitons donc des paysages de plus en plus désertiques et montagneux, qui nous rappellent l’ambiance de nos treks. Pas mal de dromadaires sur les bords de route. De plus en plus d’acacias. Et la route est neuve, un vrai billard ! Arrivée à l’entrée d’Assa, le contrôle habituel de la Gendarmerie Royale est bon enfant : les gendarmes ont l’air tout contents de nous accueillir et de nous indiquer où stationner pour la nuit (un parking devant la gendarmerie…). De plus ils nous confirment que c’est bien la N12 qui vient à Assa avant de remonter plein nord vers Tata : nos cartes sont donc erronées !!!  Nous allons donc rester et visiter la ville. La ville moderne est toute alignée le long de la route, un peu comme au far-west. Mais nous savons qu’une ville ancienne existe du côté de la palmeraie. Après environ 3 km, la place principale (avec manège d’autos tamponneuses !) et la mosquée, puis sur la droite une indication vers les « gravures rupestres ». Nous nous engageons dans la palmeraie, au hasard en suivant les sentiers qui longent à l’abri des palmiers de petits champs de céréales d’un vert éblouissant. Des canaux d’irrigation longent tous ces sentiers qui nous conduisent jusqu’au barrage sur l’oued où quelques lauriers-roses fleurissent. Au dessus de nous se dresse la ville ancienne construite sur un piton rocheux dans le méandre. En grande partie ruinée, un escalier y est aménagé et quelques maisons semblent entretenues. Un parcours praticable nous conduit par d’antiques ruelles jusqu’au sommet du village et même sur le toit d’une maison d’où nous découvrons toute la ville, l’ancienne et la nouvelle, la palmeraie et les montagnes environnantes. En redescendant, nous photographions quelques portes, dont celle de l’auberge Targa, dont la porte est ouverte et d’où sortent des voix. Une envie de boire un thé nous saisit et nous entrons, demandons si cela est possible. Ahmed Ahayk nous installe dans une des chambres de son auberge et nous apporte le thé, servi dans les règles de l’art. Il est tout content de nous recevoir, même si nous ne dînerons ni ne logerons chez lui ce soir. Il n’a vu aucun client depuis le mois d’août, époque du Moussem (festival) d’Assa. Nous lui ferons un peu de publicité, sur internet et les forums sur le Maroc. D’autant plus qu’il peut guider ses hôtes vers les gravures rupestres (les plus anciennes du Maroc) et de nombreuses traces d’activité humaine pré-islamique. La piste pour s’y rendre nécessite un 4x4, néanmoins il doit être possible de louer ou de se faire conduire, ce ne sont pas ces véhicules qui manquent par ici ! 
La maison de Ahmed est la maison où il est né, il en a hérité une partie et racheté d’autres parties à ses frères. Ce sont ce genre d’initiatives qui peuvent éviter la ruine à ce patrimoine magnifique, les maisons en pisé nécessitent en effet un entretien régulier.
A demain !
Dans la petite palmeraie tranquille...




Sur la route, dans la plaine désertique après la montagne 

Attention traversée de dromadaire !

Assa, place Mohammed V

Il y a un manège d'autos tamponneuses !


A côté de la mosquée d'Assa

Dans la palmeraie de Assa



dans la vieille ville de Assa, les murs tiennent encore...

... grâce aux associations !

Vue des toits de vieille ville d'Assa



Une porte entrouverte et de la vie derrière !

On attend le thé dans la chambre où Ahmed est né !


Ahmed Ahayk, propriétaire de l'auberge targa à Assa. Venez le voir, il le mérite !
Dimanche 4 février - Borj Biramane : Nous quittons Assa avec l'objectif de se trouver un camping accueillant où prendre une douche chaude et faire un peu de lessive, plus faire le plein d'eau ! Cela fait quatre jours que nous tenons sur le réservoir de 100 litres, nous nous sommes lavés (si, si !) et avons cuisiné et fait la vaisselle et il nous reste environ 20 litres, Aujourd'hui premier changement de bouteille de gaz, cela fait un mois et deux jours que nous sommes partis, nous avons été économes. Notre but étant fixé, qui est à une petite centaine de kilomètres, nous roulons lentement sur une route magique (on vous épargne les photos, elles se ressemblent toutes un peu !). Arrivée à Borj Biramane : camping recommandé par notre guide des campings au Maroc.Bel ensemble en architecture traditionnelle, nombreux petits bâtiments ocres, qui sont soit des sanitaires, soit des chambres pavillons-. Les camping cars ne sont pas trop serrés. Nous allons à pied jusqu'à la maison d'accueil, très joliment décorée où nous découvrons également salon, bar, restaurant. Nous nous installons et vaquons à nos occupations, accompagnés par la gentille petite chatte rousse et blanc. Nous avons décidé sde rester un peu, d'aller visiter Icht, la ville qui est à 500 mètres et où nous verrons le réseau de ruelles intérieures où il faut une lampe frontale pour se diriger. , et puis l'endroit vaut vraiment de séjourner un peu, ce camping a quelque chose de magique avec sa montagne (le djbel Bani que l'on voit jusqu'à M'Hamid où nous avons marché dans les dunes il y a 3 ans).Ce soir, nous avons réservé un Couscous agneau.A demain mes lapins !




























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