du 21 au 25 février

Mercredi 21 février : Nous avons découvert ce matin le camping où nous sommes arrivés de nuit : Manzil la Tortue est un endroit très beau et très bien entretenu, la piscine est splendide, le jacuzzi immense, le bar et les restaurants semblent de très haut niveau, mais c’est décidé, nous allons en ville, quitte à perdre tout ce confort ! Stationnés sur un parking proche de Bab Agnaou, non loin des tombeaux Saadiens. Après déjeuner, nous retrouvons avec délices le sentiment d’un (presque) second « chez soi » ! Un ou deux tours de LA place et nous prenons la direction de la Maison de la Photographie dont je suis abonné à la lettre mensuelle. L’exposition montre de nouvelles oeuvres, dont un documentaire en couleurs daté de 1957 sur des régions que nous avons traversé très récemment, dont la région de Amejgag, entre Telouet et Kelaa des M’Gouna. Le commentaire très respectueux du documentariste (Didier … ) et ses images d’un monde encore sans automobile ni téléphone portable, où les valeurs d’indépendance et d’autonomie sont centrales et permettent la permanence d’un mode de vie éprouvé et multi centenaire. 
En chemin, Françoise cherchant un chèche de même qualité que celui acheté il y a deux ans ici même réussi à mécontenter deux commerçants en refusant d’acheter « à peu près » la même qualité à un prix exagéré, finit par tomber sur une échoppe où un artisan travaille sur son métier à tisser. Parlant peu le français, il nous explique les matières utilisés pour ses foulards : trame en coton et chaîne en lin ou en laine, ce qui donne des tissus très doux. Nous en achetons 3, au prix demandé (le même que celui demandé par nos commerçants pour des tissus made in India ou China…), le mien que je choisis laine et coton pour la légèreté et le confort thermique, un en coton pour Françoise et un autre pour faire un cadeau. Nous nous rendons ensuite au centre artisanal pour l’achat de bijoux en argent. On flâne un peu ensuite pour se décider à dîner d’un couscous royal à côté de notre cantine habituelle, le Toubkal, qui s’avère être la même maison !!! 

Nous avons décidé de rester quelques jours à Marrakech, nous avons plusieurs choses à voir encore dont le musée Yves Saint Laurent.
Elle nous a confirmé une livraison pour mai à Lyon !




la méthode pour évacuer les gravats des travaux : efficace et sans poussière !















Je 22 février  : programme de jeudi : marche à pied ! Visite du Musée Yves Saint-Laurent à côté du jardin Majorelle. Très belle muséographie, mise en valeur du talent de cet homme hors du commun (je n’y attachais pas tant d’importance, mais à voir les pièces exposées, on comprend). Visite de belles boutiques voisines, déjeuner dans l’une d’elles au milieu de (vraiment !) beaux objets, incomparables avec les produits vendus en masse dans la Médina ! (bien sûr, les prix ne sont pas les mêmes, mais la qualité n'est pas comparable !).
Retour en traversant Guéliz, à temps pour se changer et aller au Hammam « Les Bains de Marrakech » réservé le matin. Etablissement à recommander à tous ses amis !!! Très beau, très secret et des soins bien administrés, nous sommes sortis de là bien détendus et surtout bien propres ! Dîner le soir face à la Koutoubia, sur une terrasse élevée. 






Ve 23 février : nous quittons avec Olaf le parking, direction Carrefour dans un grand centre commercial tout neuf avec de nombreuses boutiques à l’européenne. Un kiosque de commande à distance IKEA en face de l’entrée principale. Dans Carrefour, l’impression d’être à Meylan nous saisit parfois… Départ vers Ouzoud, le camping Zebra. Sur le chemin, Olaf a droit à son hammam bien à lui : il le méritait bien (il commençait à sentir un peu sous les ailes…). Les laveurs font du zèle, je dois intervenir...) La N8 est une route droite et monotone qui semble bien longue avant de trouver enfin sur la droite la route qui conduit aux cascades de Ouzoud à travers un petit massif, balcon du Moyen Atlas. Les paysages sont verdoyants, les cultures variées sont bien vertes et de nombreuses meules de paille (ou de foin ?) sont entreposées sous des bâches au bord de la route. La petite route serpente au milieu des oliviers, des « coussins de belle-mère », des forêts de  thuyas. Nous arrivons en fin d’après-midi au camping Zebra où il ne reste que deux emplacements ! Petit camping de montagne, tenu par des néerlandais, il a beaucoup de charme. 
Olaf au Hammam...

Les bottes de fourrage prêtes pour alimenter le bétail du sud du pays








Nous avons des voisins autrichiens équipés d'un engin vintage : un 6x6 Steyr Puch !
Ceux-là, des allemands déjà rencontrés mercredi, ont fait la route de la soie ! Comme les autrichiens, ils ont les cheveux gris...
Samedi 24 février : Temps mitigé et frais, nous sommes à 850m d’altitude. Nous partons en fin de matinée pour visiter les cascades d’Ouzoud, la balade la plus simple et facile… Les indications fournies par le camping sont claires, nous trouvons sans hésitation l’accès au sommet de la cascade, nous évitant ainsi les propositions des guides et marchands. Mais il semble que ceux-ci soient en hibernation ou fatigués… Nous rencontrons tout de suite une famille de singes très photogéniques ! Et nous prenons la mesure de la hauteur de chute, environ 200 mètres ! Le sentier aménagé longe la rive sud dans une oliveraie ombragée avec des bancs et des prairies à picnic. Puis après un embranchement commence un sentier de montagne qui nous conduit progressivement vers la confluence avec l’Oued El-Abid, un km plus loin. Les rochers et les falaises nous font faire demi-tour. En remontant, plusieurs tentatives pour traverser l’asif (torrent) nous font traverser des guinguettes et des paillotes de tous styles, y compris baba cool ou Bob Marley (apparemment très en vogue au Maroc…). Il nous faut finalement aller jusqu’au pied de la cascade pour trouver une passerelle. Là, des radeaux aménagés sont proposés aux touristes. Nous sommes vraiment en basse saison, personne ne se bouscule et nous avons tout l’espace pour nous ou presque. On remonte l’escalier, bordé tout du long par des boutiques de souvenirs (les mêmes qu’à Marrakech ou Essaouira…!) dont les marchands ne nous sollicitent même pas ! Retour au camping avec une courte averse en prime. La météo est meilleure pour demain, nous ferons peut-être une balade aux sources ou alors au village nommé Tanaghmelt. Bonne soirée !
la vue depuis notre emplacement





























Dimanche 25 février : superbe météo, pas un nuage. Nous aurons jusqu’à 24 °C. Randonnée pédestre au village de Tanaghmelt. Nous ne savons pas ce que nous allons trouver… Un lieu touristique de plus ou autre chose… suspens ! Les indications du camping, écrites en français par un néerlandais sont approximatives, mais dans l’ensemble tout ira bien. Au départ nous surplombons la cascade du sommet de la crête, puis nous descendons un vallon, le sentier se transforme peu à peu en ravine qui descend abruptement à l’ombre des oliviers vers le fond d’une gorge où coule un torrent. Verdure et fraîcheur, nous traversons à gué le flot et montons vers le village. C’est un village isolé où les voitures ne peuvent arriver qu’à l’entrée sans y pénétrer. Bien accroché sur ses pentes, dominé par ses étroits champs d’orge qu’ombragent des oliviers, ce village de montagne, habité et vivant se laisse traverser gentiment. Notre passage n’a pas troublé les chants des enfants répétant les sourates du livre saint ni la préparation du hammam dont la fumée nous a accompagnés. Nous déjeunons tout en haut, à l’ombre d’un olivier. Puis nous contournons le village pour retrouver le chemin de descente, qui nous conduit en suivant une seguia (canal d’irrigation) vers le versant d’en face. Une petite erreur de navigation nous ramène au sommet de la crête qui domine les cascades, où nous prenons notre goûter, observant sur la rive opposée, soit à environ 300 mètres, un singe dans un arbre… Sans voir celui qui attendait patiemment dans notre dos que nous lui laissions finir notre sachet de graines et fruits secs ! Quand nous l’avons vu, et sur notre invitation, il s’est approché, a pris dans la main les graines qui y étaient. Puis plongeant sa main dans le sac à dos ouvert a sorti le sachet et s’est assi quelques mètres plus loin pour prendre son goûter, face au panorama ! Le sachet ne lui a pas résisté longtemps. Françoise lui a alors proposé un peu d’eau d’une petite bouteille, qu’il a bue. C’était très sympa ! On ne s’est pas senti agressé, c’était un échange entre gens de bonne compagnie. Il ne nous a même pas demandé un stylo !
Retour au camping pour un farniente au soleil sur notre terrasse privative. 

Demain, Olaf reprend la route ! Objectif Ifrane et ses cèdres (en un ou deux jours, faut pas pousser …).




Tanaghmelt















Il apprécie les graines de notre goûter, prises à même le sachet...




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