du 5 au 9 février

Lundi 5 février : Le dîner d’hier soir est le meilleur couscous que j’aie jamais mangé ! Et le premier vrai couscous depuis notre arrivée il y a un mois. Arrosé d’un vin de Meknès (Touareg, 14°5…). 
Une rencontre avec une touriste bretonne habituée des lieux, qui nous explique qu’elle voyage avec une poupée, un personnage nommé Clément qui doit être pris en photos dans tous les endroits typiques de leur voyage afin de partager avec la classe de sa petite fille de 8 ans, mission dont elle s’acquitte avec beaucoup de sérieux ! C’est une idée de l’instituteur qui veut ainsi rendre son cours de géographie vivant. 
Après une bonne nuit pendant laquelle nous avons entendu quelques gouttes de pluie tomber et le vent se lever, nous partons à travers champs vers le village d’Icht. Suivant le lit du torrent qui longe au plus près la montagne, nous découvrons l’eau qui coule lentement vers le sud. Nous escaladons le contrefort rocheux sur lequel s’appuie le village afin d’avoir une vue d’ensemble, ce qui nous permet de découvrir l’étendue de la palmeraie et de voir le vieux village et ses rues closes. De là-haut, les violentes bourrasques de vent qui s’intensifient sont visibles par le sable charrié. On comprend mieux l’usage du foulard des femmes, pas destiné à cacher leur visage aux hommes, mais à le protéger du vent et du sable ! Les ruelles du village sont propres et pavées de neuf. Une ruelle sombre semble s’enfoncer dans un mur : c’est le début du réseau de ruelles couvertes qui permettent de circuler dans tout l’ancien village. Des maisons sont manifestement encore habitées, d’autres ne servent plus que de magasin de rangement, d’autres enfin sont ruinées. Un puits et de belles poignées de portes sont éclairés par nos lampes frontales. 

C’est une visite que nous prolongeons avec plaisir, d’autant plus que nous rencontrons des habitants, ombres furtives aux coins des ruelles. La sortie de la garderie, organisé par le cercle féminin nous permet de voir une douzaine d’enfants de classe maternelle adorables qui rentrent chez eux pour déjeuner. 



L'assif avant d'arriver au village
Le four à pain de la plus haute maison du village, avant de grimper en haut à droite de l'image
encore le torrent avant le village
Vue de la saignée dans la montagne depuis une crête
Au pied, le vieux village


Passage du vent de sable !

Le vieux village est mieux abrité que le nouveau !



les rues closes







Une rue particulièrement longue et sinueuse


un puits dans une ruelle close



nous sommes à l'abri des vents de sable, du soleil de l'été...











Le cimetière

Mardi 6 février : Le vent s’est à nouveau levé pendant la nuit, il s’était calmé hier soir. Nous avons dîné au restaurant de l’auberge d’une excellente Tajine au poulet, après l’avoir attendue patiemment en buvant bière accompagnée de cacahuètes. Dépense dispendieuse : 99€ pour deux nuits, 3 repas accompagnés de vin, bière, espresso, lessive de notre linge de lit et nos pantalons, sans compter les douches super chaudes ! 
Départ sous un temps « variable », accompagnés dès les premiers kilomètres d’un arc en ciel annonciateur d’averses… Qui se confirment, grain après grain ! La température chute de 11° à 7° en passant de 450m environ à 850m d’altitude en arrivant à Amtoudi. On nous avait recommandé l’endroit, mais le camping fait un peu glauque, il fait froid, il pleut, on a du mal à se convaincre qu’on est sur un super spot… Déjeuner de pâtes au thon et olives pour se remonter moral et courage avant d’attaquer la rando. Ce qu’on voit face à nous semble réellement bien, mais… Bref, on s’équipe en prévision de froid et pluie et on part. En retrouvant nos sensations de randonneurs, on se sent mieux et puis ce qu’on découvre à chaque éclaircie nous émerveille. Nous arrivons face à la porte du sublime agadir (je vous propose plus loin un petit topo sur ce qu’est un agadir pour ceux qui ne connaissent pas). Fermée, mais un n° de téléphone pour appeler le guide. Sauf que l’opérateur que nous avons choisi ne passe pas ici… Donc on décide de monter plus haut sur la petite éminence qui domine l’arrière du piton rocheux. Espérant ainsi accéder au plateau sommital et apercevoir le second agadir que l’on sait voisin de celui-ci. Monter et suivre des sentiers à peine tracés, on aime ça tous deux. Nous finissons par renoncer et empruntons le second sentier qui descend vers la vallée par l’autre côté, nous donnant des vues encore plus belles sur le village, sa palmeraie, ses champs vert fluo, ses amandiers roses… Décidés à remonter le canyon vers la gauche, nous nous trouvons soudain dans un fond de vallée luxuriante dominée par le second agadir que nous cherchions en haut. Nous traversons le village, grimpons le sentier en négligeant les gens assis en bas qui nous faisaient de grands signes. Arrivés en haut, bien sûr, porte fermée et message avec n° de téléphone. Mais sur le sentier que nous avons emprunté avance un personnage en burnous couleur safran, doudoune noire et turban blanc d’où émerge le capuchon pointu du burnous. Nous l’attendons, c’est un vieux monsieur (il grimpait comme une chèvre !) qui nous ouvre et nous guide à l’intérieur, nous offre ses commentaires et nous éclaire de sa lampe. Son accueil est jovial, nous nous sommes « excusés » de l’avoir snobé en montant seuls, comme des grands… 
Un agadir est un grenier collectif, mais aussi un lieu de vie, de fêtes, un abri contre les agresseurs extérieurs. On en retrouve un peu partout dans le maghreb saharien jusqu’aux régions sahéliennes sous diverses formes. Dans l’anti-Atlas, ils sont généralement organisés sur des hauteurs, des pitons rocheux comme ici à Amtoudi et Gellouy. Celui-ci, que nous avons visité, date du 10è siècle de l’ère chrétienne, environ l’an 400 de l’égire. Il comporte 99 cases, chacune dédiée à une famille de la vallée, transmise par héritage et mariage. 
Bref, ce fut une des plus belles journées de notre voyage jusqu’à aujourd’hui. En plus, nous avons fait nos 500 mètres de dénivelé positif et 13 km de marche, ce qui nous manquait. 
Pas de wifi au camping, pas de réseau, vous lirez ces lignes quand nous aurons rejoint une zone connectée au monde…







































Mercredi 7 février : On quitte Amtdi avec la satisfaction d'avoir "découvert" quelquechose de beau et que l'action de l'être humain a un peu contribué à rendre plus beau encore. Direction TATA. Ville moyenne, bien connue des campingcaristes... La N12 traverse des régions désertiques et peuplées de nomades et de leurs troupeaux, de chèvres et de dromadaires.Arrivés à Tata, les nuages en même temps que... On se pose sur le parking de la piscine municipale, actuellement fermée et sans eau)(. Suivant le guidAprès une recherche infructueuse de recharge de téléphone en minutes iternationales, nous partons sur les indications du guide vers le petit village perché de Agadir Lehna et ses ruelles couvertes, et si nous le pouvons, de sa Clepsydre (horloge à eau dont l'usage est de compter le temps dévolu à chaque famille pour arroser sa parcelle de culture avec l'eau gérée en communauté) qui date du 10èS. Nous ne la verrons pas, mais découvrirons ce petit village dont le sommet est signalé par un mausolée (le marabout) entouré de son cimetière. Les ruelles sont très pentues et étroites, moins sombres qu'à Icht parce que des puits de lumière sont plus nombreux. Nous redescendons et suivons les sentiers qui courent dans la palmeraie immense. Nous ne nous perdrons pas parce que boussole ! Les canaux d'iirigation coulent toujours, sont régulièrement entretenus, même sir certaines parcelles sont inondées par négligence, ce qui profite aux hérons et aux animaux aquatiques qui leur servent de nourriture. De retour au parking, surprise : une armée italienne de camping caristes (10 gros camping cars !) ont saturé le petit parking, ce quui nous conduit à faire un peu de place pour un petit camion de livraison qui attend là le lendemain pour faire son travail. Très bonne nuit quand même.  





















Jeudi 8 février : Départ de Tata pour rejoindre l'oasis de Aguenine (VU à la télé par Monique dans Faut Pas Rêver). Le GPS nous aide bien, nos cartes ne mentionnent pas cet oasis. La route se passe bien, même les routes secondaires sont bonnes. Nous passons progressivement, plateau après plateau de 700m à 900, puis de plus en plus haut en suivant une vallée qui s'étroitise.La vallée que nous rejoignons bientôt est de la largeur du lit de l'oued : impressionnantes falaises verticales qui plongent dans un océean de cailloux.  Lorsque nous franchissons le col à 1862m, la température est de -1°C... Et les paysages sont blance de neige. Les villaages (il y en a vers 1600m)habitants des  sont habillés de bonnets de laine à pompon et d'anoraks épais, les maisons ont des traits caractéristiques des maisons de montagne (Ardèche, Losère pour la couleur et le type de pierres constituant les mursz. Nous allons rester sur des plateaux ainsi pendant de longs kilomètres. A l'embranchement qui doit nous permettre de faire les 38 derniers km vers l'oasis, le GPS nous indique une piste dans un tel état qu'il faudrait un 4x4... Nous renonçons, surtout qu'il est probable que c'est la seule route. Nous rejoignons 10km + loin la N10 qui va de Taroudant à Tazenakht, espérant encore accéder à notre oasis par le côté nord. La piste existe mais se termine en cul de sac dans un village et il reste une rando de quelques centaines de mètres dans la montagne. La météo n'est pas de notre côté : il fait gris, froid (4° à cette altitude...), nous renonçons, préférant déjeuner au chaud dans Olaf. La route continue sur ces plateaux, jamais en dessous de 1400m et au fur et à mesure que les nuages laissent la place aiui ciel bleu, lehorizons se dégagent et laissent apparaître tous kles massifs environnant : Djbel Bani au sud, Djbel Sirwa à l'ouest, Djbel Toubkal au nord est. Tous sont largement enneigés ! Nous arrivons à Tazenakht, la ville des tapis. Une rapide visite, un essai encore infructueux pour recharger le téléphone en unités internationales, un marchand de tapis un peu collant, le froid ambiant, nous décidons finalement de ne pas rester et de filer sur Ouarzazate. Encore une route dont nous nous souviendrons : belle et en bon état (sauf quelques nids de poules toujours en position "Surprise !"), qui traverse vallons encaissés et plateaux aux longues ondulations enneigées, le tout sous le soleil brillant de fin de journée. Magique. Arrivée à Ouarzazate Les derniers km avant la villeNous reconnaissons bien l, que nous avons parcourus dans les deux sens en novembre dernier avec le CAF, mais cette fois, les oueds sont pleins d'eau, les fossés débordent... à la nuit, directement au camping municipal en suivant les indications de Park4night"". Joie : j'ai retrouvé la 4G et il y a la WiFi... Donc vous pouvez nous lire et nous rattrapons notre retard de 3 jours !!!
Tata, jolie ville accueillante...

...et moderne

Françoise aime bien ce panneau

Photo prise dans le rétroviseur...

route géologique : apprentissage des plissements !



Nous surprenons un renard, dont la curiosité m'étonne


les jardins du dernier village avant le col : nous sommes à 1250m


Un ksar malheureusement en ruine

Au col Tizi-n-Ounzour

en descendant du col...

...le froid se fait sentir


Dans un village sous le col, une falaise où d'étranges cavités sont peuplées... voir en haut à droite

Les massifs se dévoilent sous le soleil revenu

A Tazenakht

Entre Tazenakht et Ouarzazate, nous remontons sur un haut-plateau

au loin le massif du Toubkal

au sud, le djbel Bani

Une steppe de neige


dans un vallon abrité...


Une station de far west...

...probablement un reste de tournage de film transformé avec humour ! Ouarzazate possède plusieurs studios de cinéma très utilisés.
Vendredi 9 février : Réveil au camping sous le soleil, mais température fraîche, douche glacée et lessive, puis départ à pieds vers la ville. On passe devant la Kasbah  Taourirt, le musée du cinéma à voir plus tard. Pour l'heure, objectif : l'agence INWI pour recharger le téléphone. On trouve l'agence devant l'entrée du souk, près de la place principale où nous avions traîné en 2014 lors de notre trek dans les dunes de M'Hamid. Retour vers la Kasbah Taourirt. Visite (sans le guide.. qui réclamait 120DH pour la visite de la kasbahet du ksar voisin. Le ksar est le village fortifié fermé tous les soirs derrière ses murs et par 4 portes : la porte de Marrakech, de Zagora, du Dadès, Taliouine. de 4 cultures se côtoyaient ici jusqu'en 1955 et l'éviction du Glaoui Pacha de Marrakech dont la Kasbah éta le palais. Ces 4 peuples étaient : les Berbères, les Bédouins, les Juifs, les Touaregs. Les derniers juifs sont partis en 1988. Les maisons traditionnelles sont restaurées par le ministère du Patrimoine, et l'industrie du cinéma (les studios Atlas de Ouarzazate) en profite, camouflant ici ou là les câbles électriques trop anachroniques. Nous effectuons cette visite accompagnés du guide à qui nous avions refusé la visite de la kasbah. Et à qui on a finalement donné la moitié du prix pour les deux visdEn sortant, 2 ou 3 snacke resto-se proposentnous le repas, et comme on est vendredi, on demande le couscous. Le garçon ne comprend pas la commande, nous apporte un couscous suffisament copieux pour nous deux mais où il n'y a qu'un seul morceau de poulet... En payant, nous comprenons que nous avons mangé à deux un plat pour une personne. Ce qui nous va bien.
Passage au centre artisanal, exceptionnellement ouvert ce vendredi pour cause de livraisons (?!). Bijoux en argent, berbères et touaregs. Un sculpteur de pierre, intéressant et qui nous a séduit par ses créations (désolé, pas de photo...), des fossiles, un ébéniste et un ferronier, puis surtout un atelier féminin de tapis. Tous sont magnifiques, certains cumulant 4 techniques : tissés, noués, brodés, (... ), ce qui est une exclusivité mondiale du savoir-faire des femmes berbères. Nous avons failli craquer... Mais ces ateliers où tout est financé par l'état (le personnel est salarié et les prixfixés en fonction du travail effectué) sont vraiment l'endroit où il faut acheter, car on fait une double bonne action en préservant les savoir-faires, en payant le juste prix pour une qualité supérieure que l'on ne retrouve pas dans les boutiques des souks, loin de là, nous avons pu le constater.comme Ensuite, marche au soleil un peu au hasard pour découvrir la ville où l'architecture des immeubles s'imprègne de thèmes architectoniques traditionnels empruntés aux cultures de l'Afrique saharienne. Cette ville moderne et jeune est moderne, mais Un autre produit est réalisé par des femmes ayant des handicaps : il s'agit de foulards réalisés exclusivement à partir des poils de la barbiche des chèvres qui broutent les feuilles de l'arganier. Teintés, comme les tapis, exclusivement de colorants naturels, les motifs peuvent paraître un peu surannés, mais la douceur de ce tissu et le confort de son contact sont comparables aux vrais pashmina de chèvres angora. un peu standardisée"". Par contre, comme touriste, on n'est pas harcelés sauf à pénétrer de manière volontaire dans les quartiers marchands, et c'est très confortable de ne pas se sentir une proie...
Demain, route vers M'Hamid, le bout de la route qui s'arrête dans les dunes du sahara.
La Kasbah Taourirt, palais du Glaoui Pacha de Marrakech

Au loin, la chaîne du Haut Atlas

Devant la kasbah


La kasbah vue depuis la ville


le souk berbère

visite de la kasbah








Un plafond traditionnel très soigné

Les cigognes colonisent les minarets

La place centrale, lieu de vie et d'échanges avec ses cafés, ses souks et les jeux d'enfants.

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